Les peintures murales

Villeneuve sur les chemins de Saint Jacques de Compostelle

Depuis le début du XIV ème siècle, la chapelle romane du Saint-Sépulcre est ornée de peintures qui s’inspirent de la thématique du pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle. Elles situent Villeneuve comme une halte sur le chemin de  Compostelle.

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En haut, au centre, le Christ en majesté, est assis sur un trône et bénit de sa main droite. Son geste s’adresse à tous et aucun fidèle n’est représenté. Le Christ s’inscrit dans une mandorle gothique et derrière lui, des édifices blancs aux toits ocres simulent une ville… Des anges minuscules, les symboles du tétramorphe sont représentés autour du Christ ainsi que les  apôtres, la tête cerclée d’un médaillon.

Plus bas, mais sur plusieurs niveaux, des scènes de pèlerinage. Il faut les suivre de gauche à droite. On reconnaît les attributs des « jacquets »: le chapeau à bords relevés, orné d’une coquille et le bourdon, (le bâton ferré sur lequel s’appuie le pèlerin et qui sert à le défendre des brigands ou des loups), une gourde, une escarcelle, une besace de cuir et, pour affronter le mauvais temps, la pèlerine.

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Au niveau médian, de part et d’autre de la fenêtre romane, on découvre la représentation d’une légende célèbre, répandue en Europe dés le XII  siècle : le miracle du « pendu dépendu ».

Le miracle du pendu dépendu

2Un couple de pèlerins se rendait à Compostelle avec leur fils, un bel adolescent. A Santo Domingo de la Calzada, ils firent halte dans une auberge. La servante s’éprit du beau jeune homme blond qui repoussa ses avances. Pour se venger, elle glissa une tasse d’argent dans sa besace. Sur sa dénonciation, l’aubergiste fit poursuivre le trio de pèlerins.

On découvrit effectivement la tasse dans la besace de l’adolescent qui fut condamné à être pendu. Les malheureux parents poursuivirent leur pèlerinage. De retour de Compostelle, ils passèrent à nouveau au pied du gibet où l’on avait pendu leur enfant. Quel ne fut pas leur émerveillement de le découvrir, toujours pendu, mais bien vivant! Saint Jacques l’avait soutenu durant ces quinze jours pour lui épargner une mort injuste!

Les parents coururent chez le juge pour lui annoncer le miracle et obtenir la libération de leur fils innocent. Mais le juge incrédule déclara qu’il ne croirait au miracle que si la volaille en train de rôtir pour son repas se mettait à chanter. Saint Jacques ne fut pas avare de miracles pour défendre son jeune dévot: la volaille se mit à sauter sur la table et à lancer par trois fois un sonore cocorico. Devant l’évidence du miracle, le jeune homme fut innocenté, la servante saisie et pendue. Et la gloire de Saint -Jacques fut célébrée par tous les pèlerins  et ce récit se répandit à travers toute la chrétienté.